À Kinshasa, la route est devenue un espace de tension permanente. Dépassements dangereux, stationnements anarchiques, absence de respect des feux et embouteillages monstres : l’incivilité routière n’est plus un simple désagrément, elle coûte du temps, de l’argent — et parfois des vies.
Une ville où la route est devenue une épreuve
Un trajet “normal” de 20 minutes peut se transformer en deux heures. Les automobilistes s’énervent, les motos se faufilent, les bus s’arrêtent n’importe où, les piétons traversent au milieu des voies. Dans ce chaos, chacun tente de “se sauver”. Résultat : la règle n’est plus le code de la route, mais la loi du plus pressé.
Pourquoi ça se dégrade ?
Plusieurs facteurs se cumulent :
- Absence de contrôle régulier : quand la sanction est rare, la règle devient optionnelle.
- Infrastructures insuffisantes : routes abîmées, marquages effacés, feux en panne, carrefours saturés.
- Pression économique : chauffeurs de taxis/bus qui “doivent faire la recette”, motos qui vivent du nombre de courses.
- Urbanisation rapide : plus de véhicules, plus de motos, sans adaptation des axes.
Les citoyens paient trois fois
- En temps : retards au travail, rendez-vous ratés, fatigue.
- En argent : carburant gaspillé, courses qui coûtent plus cher, maintenance du véhicule.
- En sécurité : accidents, stress, conflits de route, agressivité.
Des solutions simples… si la volonté existe
- Réparer et sécuriser 10 carrefours critiques (feux, marquage, présence d’agents).
- Lancer une campagne “Stop à l’anarchie” (radio, écoles de conduite, panneaux).
- Créer des zones d’arrêt obligatoires pour taxis/bus (avec contrôle réel).
- Sanctionner les comportements les plus dangereux (contre-sens, vitesse, téléphone).
Conclusion
Kinshasa ne manque pas de conducteurs ; elle manque d’un système qui fait respecter les règles. Tant que l’incivilité sera tolérée, la route restera un impôt invisible que les citoyens paient chaque jour.